Sonic Lassus

SONIC LASSUS (le 24 mai à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles). 
Le compositeur montois du XVIe siècle Roland de Lassus fut une véritable star un peu partout en Europe. Jean-Paul Dessy a décidé de lui rendre hommage avec Musiques Nouvelles. L’idée est de mêler cette musique ancienne à des artistes comme Daan, Saule, Pitcho, Fugu Mango, Laetitia Sherif, Mina Tindle, Jurgen De Bruyn, Xavier Deprez et Ludus Modalis

Le Berger Fidèle

 

Dimanche 20 mars, Evreux, Cadran 17h, saison de la scène Nationale

Notre prochain projet nous conduit sur les traces du Berger fidèle héros de la tragi-comédie pastorale de Giovanni  Battista Guarini, Il Pastor Fido  (Le Berger Fidèle) Publié en 1589, le texte  est rapidement devenu l'un des plus lus de l'Europe du XVIème siècle, suscitant nombre de traductions. Il a fait l'objet de nombreuses mises en musique, de Marenzio ou De Wert à Caccini.  A notre programme un vingtaine de Madrigaux de Monteverdi, Marenzio, Schütz  ou Gesualdo  et  la participation d'un groupe de jeunes scolaires et collégiens ébroiciens qui ont travaillé certaines scènes de la version française de la pièce de Guarini. 

 

Quand Franz Liszt  rencontre  Charles Bordes                         Journées Charles Bordes


Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes

Pour sa septième édition, les Journées Charles Bordes à Tours et Vouvray ont mis en évidence le formidable travail de régénération de la musique liturgique entrepris par les deux compositeurs à leur époque. L'occasion aussi d'admirer la superbe performance en concert de l'ensemble Ludus Modalis dans leurs répertoires.



Ensemble Ludus Modalis © DR.
Ensemble Ludus Modalis © DR.
Avec un dévouement et une énergie incroyables, le directeur artistique Michel Daudin et son équipe s'emploient depuis sept ans à rappeler au public qui était l'ingénieux Charles Bordes, compositeur né en 1863 à Vouvray et formé par César Franck. Organiste et maître de chapelle de l'Église Saint-Gervais à Paris, il crée, avec Vincent d'Indy et Alexandre Guilmant, la Schola Cantorum en 1894. 

D'abord société de musique sacrée qui permet la redécouverte du chant grégorien (ou plain-chant) et des compositeurs tels Palestrina, Josquin des Prés ou Victoria, elle devient une école dédiée au renouveau de la musique sacrée en 1896. Des artistes comme Wanda Landowska en seront issus. Charles Bordes est également un infatigable chercheur dont l'activité sera saluée par le pape Pie X (1)

Franz Liszt, né en 1811, reçoit les ordres mineurs à Rome où il s'est installé en 1865. Il se fera désormais appeler "l'abbé Liszt". Depuis longtemps déjà il compose de la musique religieuse et s'intéresse de près à l'activité de redécouverte des sources de la musique sacrée et de la polyphonie de l'abbaye de Solesmes - comme Charles Bordes plus tard. Ce sont à ces deux réformateurs de la musique liturgique que les Journées se sont intéressées cette année.


Les fondateurs de la Schola Cantorum. Au fond, Vincent d'Indy, à gauche, Charles Bordes, à droite, Alexandre Guilmant © DR.
Les fondateurs de la Schola Cantorum. Au fond, Vincent d'Indy, à gauche, Charles Bordes, à droite, Alexandre Guilmant © DR.


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Outre une conférence-audition éclairante, donnée dans la salle de Diane du Musée des Beaux-Arts de Tours, par Daniel Saulnier du Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (sur C. Bordes) et Nicolas Dufetel chargé de recherches au CNRS (spécialiste de Franz Liszt), deux concerts ont été programmés les jours suivants. 

En l'Église Saint-Étienne de Tours, le 7 novembre, l'ensemble Ludus Modalis (2), dirigé de son pupitre par le ténor Bruno Boterf (son fondateur) et l'organiste Vincent Grappy, ont donné à entendre de larges extraits du "Via Crucis" (huit sur les quatorze de ce Chemin de Croix) composé entre 1876 et 1879 par Franz Liszt ainsi que d'autres pièces religieuses du maître de Weimar - et un chant grégorien du VIe siècle de Venance Fortunat. Ils ont aussi recréé à cette occasion un dialogue spirituel de Charles Bordes, "Domine puer Deus jacet", donné en 1900 et jamais rejoué depuis. 

A capella ou accompagné de l'orgue Debierre, les magnifiques chanteurs de Ludus Modalis ont offert au public un haut moment de spiritualité. De la désolation des stations de la passion du Christ à la méditation ("Crux"), de la prière mariale ("Ave Maris Stella") aux hymnes réaffirmant la foi en la lumière divine, les voix aux timbres parfaitement à l'unisson ont déployé les lignes pures d'un chant au noble dépouillement. 

Le programme mettait en évidence les liens entre des écritures aux styles propres à leurs époques mais s'inspirant aux mêmes origines. Le talentueux Vincent Grappy, titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Blois, donnait le lendemain un récital à Vouvray en hommage au compositeur français natif de la région. 

(2) Edwige Parat, Kaoli Isshiki, Corinne Bahuaud, Sophie Toussaint, Bruno Boterf, Serge Goubioud, Jean-Claude Sarragosse, Benoît Descamps.

Christine Ducq
Vendredi 13 Novembre 2015

Evreux 19 juin, Miroir d'eau

Quelques images prises par David Chapelle
Quelques images prises par David Chapelle

Les grandes heures des Journées Charles Bordes

10/11/2015 05:32

Les Journées Charles Bordes se sont achevées dimanche au son de l'orgue de l'église de Vouvray sous les doigts de lumière de Vincent Grappy, organiste titulaire de la cathédrale de Blois. Une fois encore pendant ces « Journées », on a vu renaître, et des œuvres qui peu à peu sortent de l'ombre injuste de l'oubli, et l'esprit de curiosité, de partage et de générosité du compositeur visionnaire, natif de Vouvray. L'édition 2015 se voulait un miroir à deux faces, tendu à des hommes de foi et de conviction : Charles Bordes, le maître de chapelle et Franz Liszt, le trop méconnu compositeur de musique religieuse. Dans un savoureux mélange d'érudition savante et de passion communicative, vendredi, les musicologues Daniel Saulnier et Nicolas Dufetel évoquaient, au Musée des Beaux-Arts, les deux compositeurs s'abreuvant aux sources du grégorien, « langue maternelle du chant de l'église ». 


Samedi, en l'église Saint-Étienne de Tours, en compagnie de Vincent Grappy à la tribune du magnifique orgue Debierre, l'ensemble Ludus Modalis, dirigé de son pupitre de ténor par Bruno Boterf, ouvrait, par une hymne du VIe siècle, la Via Crucis de Liszt, presque contemporaine des voûtes néo-gothiques. Et au cœur de ce programme, construit avec tant de pertinence comme un temps de méditation, renaissait la sublime rareté d'un dialogue spirituel de Charles Bordes où se côtoient les raffinements polyphoniques des maîtres anciens et la musique à l'orée du XXe siècle. Ludus Modalis, ce sont des voix radieuses, d'une singulière beauté, unies dans une commune respiration, dans une quête de profondeur et de vérité. Ludus Modalis, c'est aussi un bonheur évident de chanter ensemble et le plaisir souriant de le partager. Dans des vertiges d'orgue, du souffle le plus ténu tendu sur l'abîme du silence à l'apothéose sonore, de voix de basses clamant dans les ténèbres aux célestes chœurs de femmes, de parfums anciens en visions de la musique à venir, Liszt et Bordes étaient ainsi réunis dans ce qui restera sans doute l'une des Grandes Heures des Journées. Et d'autres s'annoncent déjà…

Correspondant Nouvelle République  : Philippe Haller

La Barca

 

Ludus Modalis

Avec Anne Magouët, Eva Zaïcik, Serge Goubioud, Bruno Boterf, Jean-Claude Sarragosse

 

Olivier Saladin 

 

Anne Dumont, Isabelle Dumont, Leonardo Loredo de Sà

 

Donaïres 

Ana Yepes, Olivier Collin

 

 

A l’aube du 17ème siècle, apparaît en Italie une nouvelle forme musicale. Elle naît presque au même moment qu’un genre dont la célébrité depuis l’Euridice de Péri, ne fera que croitre: l’Opéra. Contrairement à ce dernier,  elle n’utilise pas de réel livret sur lequel se construit l’action, elle ne privilégie pas la voix soliste, préférant les regroupements sonores et la polyphonie.

Cette forme musicale dont les compositeurs comme Orazio Vecchi ou Adriano Banchieri s’empareront avec bonheur, est la Comédie Madrigalesque. Comme l’évoque son nom elle associe le jeu théâtral et la truculence issus de la Commedia dell Arte, à la richesse de l’écriture polyphonique du madrigal, véritable emblème de la musique italienne du Quincento.

La Barca de Venezia per Padova est une des nombreuses Comédies composées par Adriano Banchieri, célèbre maître de chapelle Bolognais. L’action se situe dans l’Italie du 16ème siècle et non pas dans l’antiquité comme le préfèrent les compositeurs d’Opéra d’alors.

Elle raconte en polyphonie (les personnages étant chantés par plusieurs chanteurs simultanément) l’aventure de voyageurs effectuant un trajet en bateau entre Venise et Padoue. Argument simple mais O combien vivant. Les personnages montent et descendent, chacun des 20  madrigaux restituant une action ou un moment particulier : l’embarquement des passagers, l’arrivée d’un groupe de voyageurs juifs dont le compositeur s’amuse à marquer les traits, les charmes de la belle Rizzolina, les moments de détente où l’on fait de la musique et regarde les groupes de pêcheurs.

Notre projet se déclinera en trois volets, la Barca sera  jouée en plein air sur un « burchiello » de fortune ancré au milieu du miroir d’eau. Elle sera précédée d’une partie plus spécifiquement musicale, sous la forme d’un concert ayant pu être donné dans un salon de Mantoue ou Ferrare. Des chansons et baletti  de Banchieri et Gastoldi recréeront au 3ème acte l’univers de la danse et permettront gràce à la présence de danseurs « modernes » d’imaginer un passage de la Renaissance vers notre monde  contemporain.

 

Les 5 chanteurs accompagnés de quelques instruments seront à la fois acteurs et chanteurs participant et créant l’action qui se déroulera en plein air sur le quai, le parvis de la cathédrale ou au milieu du miroir d’eau. L’action sera  illustrée chorégraphiquement par quelques danseurs et conduite par un monsieur loyal, harangueur et querelleur !

Bon embarquement et bon voyage !

Concerts L'Eveil du Printemps 20-22 mars

Jérôme Bosch "Le concert dans l'oeuf"
Jérôme Bosch "Le concert dans l'oeuf"

"L'Eveil du Printemps"

 

Nouvelle année, nouveaux projets. Le mois de mars de Ludus Modalis verra l'éclosion d'un nouvel oeuf musical, sous la forme d'un concert évoquant l'éveil des sens et de la nature au printemps. 

Ce programme "Eveil du printemps" sera créé à Evreux (saison de la Scène Nationale) le 20 mars et redonné dans la foulée lors d'une mini tournée néérlandaise les 21 et 22 mars. * voir pages concerts

 

Nouvelle année nouveaux visages, nouvelles voix!

 

L'ensemble Ludus Modalis  sera constitué de

Marie Frédérique Girod  superius

Corinne Bahuaud   altus

Bruno Boterf et Davy Cornillot   tenor

Benoît Descamps  bassus


Quelques mots sur la Chanson polyphonique                          

La chanson polyphonique représente dans la France du 16ème siècle,  le sommet de l'expression musicale au service d'un texte littéraire. Elle est le pendant parfait du motet polyphonique chanté à l'église, dont elle reprend souvent la  forme et le style d'écriture. Elle s'en différencie toutefois par  de nombreux  aspects.

Une  chanson est en premier lieu un texte littéraire, en langue  française, et non pas en  latin, revêtant souvent une forme poétique établie, la forme  "sonnet"  en étant certainement la plus  courante.

Ce texte peut être amoureux, descriptif, rustique, érotique, mais aussi moral ou à message religieux. Le domaine de la chanson permet en effet  au compositeur d'exprimer et d'oser musicalement ce que son quotidien de maître de chapelle (la fonction musicale la plus fréquente) ne lui permet pas.

La chanson se différencie également du motet ou de la messe par son effectif. Ecrite elle aussi souvent pour   4 ou 5 voix,  elle fait appel à des interprètes solistes (non pas à la maîtrise ou au choeur),  seul moyen d'exprimer  réellement un texte et d'en faire saisir les subtilités.

La chanson a une utilisation non publique, elle est le vecteur d'une pratique musicale "es maison" qui l'apparente  à une forme de jeu de société, chaque chanteur ou musicien possédant (comme en musique de chambre) son propre livret ne  comportant que sa ligne vocale personnelle. Les partitions sont ainsi déposées devant les interprètes assis à la table ; nous sommes loin de l'idée d'un concert public.

 

Un Requiem allemand

du Temps de Johann Sebastian Bach

 

Souvenir de notre concert d'Arques la Bataille.