Photo Philippe Dereuder
"Mignonne allons voir si la Rose", est un concert d'un genre différent. Il conduit l'auditeur à la rencontre des musiciens-chanteurs de Ludus Modalis dans des lieux inattendus: salon d'une demeure familiale, salle d'un édifice historique, petit théatre... pour un rendez-vous qui associe texte littéraire et polyphonie vocale ou instrumentale.
5 concerts (qui en annoncent d'autres) ont été donnés en partenariat avec la scène Nationale Evreux Louviers du 6 au 10 décembre, chez des particuliers et dans le petit théatre de La Cavée Boudin à Evreux.
pour ce programme Ludus Modalis est constitué d'Edwige Parat, François Fauché et Bruno Boterf
02/06/2011 Concerto Net.com
Claude Le Jeune : Dix Pseaumes de David
Ludus Modalis: Nathalie Marec, Anne Dufresne (soprani), Jean-Christophe Clair (alto), Bruno Boterf (ténor, direction), Vincent Bouchot (ténor), Jean-Michel Durang, François Fauché (basses),
Yannick Varlet (clavecin, orgue (bourdon 8’))
Enregistré en l’église de Chambray, Eure (août et octobre 2010) – 75’29
Ramée RAM 1005 (distribué par Harmonia mundi) – Notice en anglais, allemand et français d’Isabelle His et Jacques Feuillie, texte intégral des psaumes en français
Pour sa deuxième prestation bienvenue sous le label Ramée, l’ensemble vocal Ludus Modalis, formé en 2000 autour du ténor Bruno Boterf, choisit d’interpréter une œuvre relativement
négligée : les Dix Pseaumes de David du compositeur franco-flamand Claude Le Jeune.
Publiés en 1564 à Paris, les Dix Pseaumes de David suivis d’un Dialogue à sept sur un texte de 1562 du théologien Théodore de Bèze – texte contemporain de sa traduction poétique
des psaumes élus - étaient à la fois un manifeste de la religion réformée et la célébration de la fin des premières des guerres de religion. Le Dialogue, très engagé, fut sagement
supprimé lors de la réédition de 1580, huit ans seulement après la Saint-Barthélémy. Les Pseaumes, alors seuls, répondaient à un besoin de psaumes chantés en français mais ne se
destinaient pas au simple chant commun du culte, le style novateur, non strophique, et le raffinement élaboré du contrepoint étant d’une plus grande exigence musicale. Claude Le Jeune, huguenot,
mit en musique plus de trois cents psaumes mais c’est à noter qu’il composa un dernier recueil de douze psaumes d’une même ambition musicale l’année de la publication de l’Edit de Nantes, en
hommage à l’action pacificatrice du roi Henri IV.
Le choix de psaumes comme leur ordre suit les intentions du compositeur. Les cinq premiers (96, 102, 135, 88 et 57) enchaînent louanges à Dieu, suppliques, affliction et pénitence, les cinq
derniers (98, 149, 93, 97 et 81) expriment l’espoir et la reconnaissance du fidèle, heureux dans sa foi. Le Jeune met en relief le sens intime des textes à l’aide de figuralisme, de rythmes qu’il
marque plus ou moins et d’un renouvellement constant de timbres, de couleurs et de textures qu’il obtient par un traitement des quatre parties à trois jusqu’à sept voix, avec ou sans
accompagnement d’orgue ou de clavecin. Une stricte organisation modale à cinq gammes sous leur formes authentes et plagales nuance les climats, le mode plus sombre de mi au centre de
l’œuvre réservé à l’angoisse et à la pénitence, par exemple, le mode de fa ou de sol illuminant ensuite les grâces rendues à Dieu.
L’approche de Ludus Modalis est à la fois musicologique et esthétique. Respectueux des paramètres du chant polyphonique de cette époque jusqu’à la prononciation restituée, ils ne se permettent
aucune attaque fantaisiste, aucun intervalle qui n’aurait la netteté requise. Le contrepoint en est limpide. Yannick Varlet emboîte le pas, son style plus moelleux néanmoins aussi rigoureux, ses
deux instruments anciens réglés aux normes de ce XVIe siècle. Il en résulte une certaine austérité qui pourrait être raide ou glaciale mais qui est au contraire d’une pureté éthérée touchée par
la sensibilité et la conviction des participants. Sans jamais recourir aux effets appuyés, par leur ferveur intériorisée ils animent les humeurs fugitives et changeantes recherchées par le
compositeur, le choix précis parmi les interprètes de telle couleur vocale pour tel sous-ensemble toujours fait de manière à servir ses intentions. En tout cela, l’interprétation est parfaite.
Une telle précision exige un enregistrement d’une bonne qualité sonore. C’est le cas, la résonance de l’église de Chambray, jamais réverbérée, prêtant au chant une ampleur heureuse.
L’édition est très soignée selon les bonnes habitudes du label Ramée. La notice hautement informative contient deux présentations indépendantes qui se complètent par leur éclairage
différent. Il s’agit d’un des rares enregistrements monographiques de la musique de Claude Le Jeune et le seul disponible de cette œuvre. Sans aucun doute, les mélomanes l’estimeront à sa juste
valeur.
Christine Labroche
Diesmal gibt es ein wenig Sparflamme, da ich kaum zum Hören komme, vielleicht schiebe ich in diesen Artikel auch noch einige Neuerscheinungen nach, denn derzeit stapeln sich die CDs, als ob man
im beginnenden Frühjahr nur am Player hocken würde...
Da ohnehin viel zu tun ist, freut man sich über eine CD, mit der man mal richtig abschalten kann und die überdies noch ein faszinierendes Hörerlebnis bildet, deswegen ist meine CD des Monats auch
diese hier:
Le Jeune (übrigens einer der vielen Komponisten, deren Wikipedia-Artikel recht armselig ausfällt) ist ein spannender Vertreter der franko-flämischen Schule, seine 1564 veröffentlichten Psalmen Davids
zählen zu seinen ersten geistlichen Werken. Das französische Ensemble Ludus Modalis verdient sich hier in puncto Klarheit und
Klangschönheit höchste Meriten. (RAMÉE)