Regensburg Tage alter Musik 30 mai 2009
Die Nachtkonzerte bei den „Tagen Alter Musik“ haben ihre ganz eigene Aura. Vielleicht ist man ein wenig müde, wenn man in der spärlich erleuchteten Dominikanerkirche ankommt, schon gesättigt von den vorangegangenen Darbietungen des Festivals. Aber dann wirkt doch wieder der ganze Zauber des hochgewölbten gotischen Raums und der darin erklingenden geistlichen Vokalmusik. Man lässt sich gefangen nehmen, taucht zu mitternächtlicher Stunde ein in die flutenden Klänge und lässt sich von ihnen wie auf einer Welle mittragen.
Das gelingt an diesem Samstag besonders gut, weil die acht Sängerinnen und Sänger der französischen Gruppe „Ludus Modalis“ einen ganz runden, ohne große Ecken und Kanten dahinströmenden Gesang entwickeln, in dem nur selten einmal schärfere rhythmische Akzente vernehmbar werden. Der Wiederentdeckung eines Renaissancemeisters haben sie sich in ihrem Programm verschrieben: des um 1537 geborenen Paschal de L’Estocart, der nur spärliche biographische Spuren hinterließ, dafür einige bedeutende Sammlungen mehrstimmiger Kompositionen. Auszüge aus seinen „Sacrae Cantiones“, den „Cent Cinquante Psaumes“, den „Quatrains du Sieur du pibrac“ und den „Octraines de la vanite du monde“ gibt es in diesem Nachtkonzert zu hören.
Geschmeidige Handbewegungen
Erst bei genauem, konzentriertem Zuhören entdeckt man den inneren Reichtum der einzelnen Kompositionen und ihrer Interpretationen unter der Leitung von Bruno Boterf, der seinen Mitsängern mit geschmeidigen Handbewegungen den Tactus angibt. Man hört sich ein in die Vokalfärbungen des alten Französisch (das gegenüber dem Lateinischen bei weitem dominiert) und bewundert die Meisterschaft, mit der sich L’Estocarts Vertonungen zwischen Homophonie und Polyphonie, syllabischer und melismatischer Textbehandlung bewegen. Und ist überrascht, wenn inmitten der drei- bis sechsstimmigen Sätze auch einmal eine Psalm-Strophe im Unisono der Männerstimmen erklingt.
Entdecken lassen sich auch, unauffällig eingebunden in den großen Linienfluss, Mittel der Textausdeutung: Stellen, an denen inhaltsbedingt das innere Tempo der Musik sich zugunsten einer
erregteren Diktion beschleunigt, ganz kurze aber sprechende Generalpausen, unerwartete Akkorde und Harmoniewechsel, sogar – etwa in „Susanne un jour“ – Querstände im Stimmgefüge. Doch landet die
Musik danach immer wieder im sicheren Hafen der breit ausschwingenden Plagalkadenz. Selbst das ist nicht bloß Konvention der Zeit sondern auch ein Stück geistliche Botschaft: Es gibt Kundschaft von
der göttlichen Geborgenheit nach allen Wirrnissen der Welt, von denen in den Texten oft genug die Rede
ist.
Von Gerhard Dietel, MZ Mittelbayerische
Temple du foyer de l'âme, Paris : "Bonne nouvelle pour le chant" polyphonique en France, avec la naissance, à l’instigation de Bruno Boterf, du groupe Ludus Modalis qui annonce des ambitions au plus haut niveau comme le montre son récent concert consacré à Paschal de l’Estocart, qui milita pour la cause calviniste au plus fort des guerres de religion. Si sa vie est mal connue, ses œuvres témoignent pour lui comme les très remarquables Sacrae Cantiones, de 3 à 7 voix, publiées en 1582, mais longtemps enfouies dans les archives de la bibliothèque de Valladolid en Castille.
Ce sont précisément ces « meslanges de chansons latines et françoises » qu’ont ranimés les chantres zélés de Ludus Modalis, invités du Temple parisien du Foyer de l’âme. Un vrai maître nous y est révélé, tant dans le maniement du contrepoint imitatif que de l’effet homophone, l’harmoniste hardi y relayant le rythmicien inventif, sans préjudice pour les dons madrigalisants du figuraliste.
Attentifs à ces bonheurs d’écriture, Bruno Boterf et ses camarades ne cessent, dans le même temps d’être à l’écoute de la spécificité huguenote qui, dans ses pieux élans s’accomode aussi bien du culte au temple que de la dévotion « ès maisons privées ».
Roger Tellart, La lettre du musicien, mai 2007
Festival Toulouse les Orgues, Les Vêpres de Monteverdi, avec les Sacqueboutiers de Toulouse: "Dès le « Domine ad adjuvandum » qui suit la proclamation initiale du « cantus planus », la plus intense ferveur anime de l’intérieur la géniale musique de Monteverdi parcourue du début à la fin par une pulsation vitale semblable à un battement de cœur. Les instruments et les voix s’appellent, se répondent, se mêlent dans une polyphonie et une richesse rythmique inouïe. Jean-Pierre Canihac choisit d’admirables phrasés, d’étonnantes transitions, au bénéfice d’un intense pouvoir expressif. L’ensemble instrumental, impeccable de justesse et de précision, les voix bien différenciées, notamment dans les vertigineux échos, concourent au bonheur de l’écoute."
Robert Penavayre, Voix du Midi, 14 octobre 2006
Festival Sinfonia en Périgord : "La vie est aussi une fête, à condition d'être sublimée par le verbe et par la musique. Elle le fut doublement dans les madrigaux italiens profanes et sacrés, que Ludus Modalis sut magnifier avec un souci de perfection tout autant que de liberté d'expression de chaque chanteur, qu'ils soient ténors comme Bruno Boterf, basse comme François Fauché ou soprano comme les dames Nathalie Marec ou Julie Robard Gendre. Très attendus, les madrigaux de Palestrina ont atteint sans doute les sommets dans l'intelligence des textes notamment ceux de Pétrarque, et des partitions. Sans lyrisme excessif, la profusion polyphonique a révélé à la fois la beauté du vivant et les promesses de joies charnelles comme autant de remèdes non pas à l'amour, bien entendu, mais à l'inéluctable faucheuse."
Philippe Thomas, 4 septembre 2003, Brantôme